Spirométrie
Préparer votre examen de spirométrie
La spirométrie est un examen simple, indolore et rapide qui permet d'évaluer le fonctionnement de vos poumons. Cette page vous aide à bien vous y préparer afin d'obtenir un résultat fiable.
Qu'est-ce qu'une spirométrie ?
La spirométrie est un test de la fonction respiratoire. Elle mesure la quantité d'air que vous pouvez inspirer et expirer, ainsi que la vitesse à laquelle vous expirez. L'examen se réalise au cabinet, à l'aide d'un petit appareil portable dans lequel vous soufflez à travers un embout à usage unique.
Il dure environ 20 à 40 minutes et nécessite votre participation active : la qualité du résultat dépend en grande partie de la coopération entre vous et votre médecin.
Pourquoi votre médecin vous propose cet examen ?
La spirométrie est indispensable au diagnostic et au suivi de plusieurs maladies respiratoires fréquentes :
Chez le fumeur ou ancien fumeur — dépistage de la BPCO
La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie sous-diagnostiquée qui touche principalement les fumeurs et anciens fumeurs. Elle évolue de façon silencieuse pendant plusieurs années avant que les symptômes (essoufflement, toux, expectorations) ne deviennent gênants.
La spirométrie est le seul examen permettant de poser le diagnostic de BPCO. Elle est recommandée chez toute personne de plus de 40 ans ayant fumé, surtout en cas de toux chronique, d'essoufflement à l'effort ou d'infections respiratoires à répétition.
Dans l'asthme — diagnostic et suivi
La spirométrie permet de confirmer le diagnostic d'asthme, d'évaluer sa sévérité, et de vérifier l'efficacité du traitement de fond. Un test de réversibilité peut être réalisé : on mesure votre souffle, puis on vous administre un bronchodilatateur, et l'on mesure à nouveau pour observer l'amélioration.
Autres indications
- Essoufflement inexpliqué.
- Toux chronique de plus de 8 semaines.
- Suivi d'une maladie respiratoire chronique.
- Exposition professionnelle à des poussières ou polluants.
Comment vous préparer le jour de l'examen
- Pas de tabac dans l'heure précédant l'examen (idéalement, pas de cigarette le jour même).
- Pas de repas copieux dans les 2 heures précédentes — un repas léger est préférable.
- Pas de boisson alcoolisée dans les 4 heures précédentes.
- Pas d'effort physique intense dans l'heure précédente.
- Portez des vêtements amples qui ne gênent pas la respiration (évitez ceintures serrées, cravates, soutiens-gorge trop serrés).
- Si vous portez un dentier, gardez-le en place pour l'examen.
- Pensez à apporter la liste de vos traitements en cours.
- Allez aux toilettes avant l'examen : les manœuvres respiratoires peuvent provoquer une légère envie d'uriner.
Traitements à interrompre avant l'examen
| Type de traitement | Exemples | Délai d'arrêt avant l'examen |
|---|---|---|
| Bronchodilatateurs de courte durée (β2-mimétiques) | Salbutamol (Ventoline®), terbutaline (Bricanyl®) | 4 à 6 heures |
| Anticholinergiques de courte durée | Ipratropium (Atrovent®) | 12 heures |
| Bronchodilatateurs de longue durée (β2-mimétiques) | Salmétérol (Serevent®), formotérol (Foradil®) | 24 heures |
| Bronchodilatateurs de très longue durée | Indacatérol, olodatérol, vilantérol | 36 heures |
| Anticholinergiques de longue durée | Tiotropium (Spiriva®), uméclidinium, glycopyrronium | 36 à 48 heures |
| Théophylline à libération prolongée | Théostat®, Euphylline® | 24 heures |
| Corticoïdes inhalés et associations fixes | Sérétide®, Symbicort®, Innovair®… | À ne pas interrompre sauf avis contraire |
Évitez également de boire un café, un thé ou une boisson énergisante dans les heures précédant l'examen, car la caféine peut interférer avec les résultats.
Déroulement de l'examen
- Le médecin vous interroge brièvement et mesure votre poids et votre taille (paramètres indispensables au calcul des valeurs de référence).
- Vous êtes installé(e) assis(e), bien droit(e), les pieds posés au sol.
- Un pince-nez est mis en place pour empêcher l'air de s'échapper.
- Vous placez vos lèvres autour d'un embout buccal à usage unique, en veillant à ce qu'il n'y ait pas de fuite.
- Sur les indications du médecin, vous effectuez plusieurs manœuvres respiratoires :
- une inspiration profonde maximale ;
- suivie d'une expiration forcée, complète et la plus rapide possible, poursuivie jusqu'au bout (au moins 6 secondes).
- La manœuvre est répétée au minimum 3 fois pour obtenir des résultats reproductibles et fiables.
- Si un test de réversibilité est nécessaire, le médecin vous administre un bronchodilatateur (généralement du salbutamol). Une nouvelle série de mesures est réalisée 15 à 20 minutes plus tard.
Contre-indications et précautions
La spirométrie est un examen sûr, mais elle implique des efforts respiratoires importants qui peuvent être déconseillés dans certaines situations. Signalez à votre médecin avant l'examen si vous êtes concerné(e) par l'une des situations suivantes :
- Infarctus du myocarde dans le mois précédent.
- Accident vasculaire cérébral récent.
- Hypertension artérielle non contrôlée.
- Anévrisme connu (cérébral, thoracique ou abdominal).
- Pneumothorax récent.
- Embolie pulmonaire récente.
- Chirurgie récente : thoracique, abdominale, oculaire ou ORL (moins de 4 à 6 semaines).
- Hémoptysie (crachats sanglants) d'origine indéterminée.
- Infection respiratoire en cours (rhume, bronchite, grippe, COVID…) — l'examen sera reporté de 2 à 4 semaines.
- Tuberculose pulmonaire évolutive.
- Grossesse avancée (à discuter selon le terme).
- Douleurs thoraciques ou abdominales aiguës.
- Nausées ou vomissements le jour de l'examen.
Et après l'examen ?
Les résultats sont disponibles immédiatement. Votre médecin vous les explique au cours de la consultation et vous précise la conduite à tenir : surveillance simple, mise en place ou adaptation d'un traitement, ou orientation vers un spécialiste (pneumologue) si nécessaire.